dimanche 22 mai 2011

Come as you lie

Chers amis coulrophobes à tendance lipophage, il est fort à parier que vous verrez prochainement l'un de vos plus chers vœux exaucé : la disparition radicale de l'abject saltimbanque Ronald McDonald.
Nous pourrions instinctivement nous sentir redevables de cette impromptue décision auprès de l'une de nos aussi attachantes que nauséabondes associations françaises en mal de procès à but lucratif, mais sachez bien que, exceptionnellement, ce ne serait que fourvoiement.
En réalité, il nous faut pour une fois traverser l'Atlantique pour saluer la décision de leurs homologues américaines, celles-là même qui constituent l'armée de Don Quichotte rationnellement décidée à éradiquer cet évident responsable de l'obésité infantile. Sans doute à juste titre, finalement : souvenons-nous des dégâts fromagers précédemment occasionnés par Kiri le clown, ainsi que de nos propres nuits cauchemardesques hantées par le démoniaque Bozo et son terrifiant "rire à pleines dents".
Fort heureusement pour le sain développement local de la restauration rapide, les orgueilleuses équipes françaises de marketing alimentaire ont eu a contrario la décence et le bon goût de communiquer sur la base de toutes autres valeurs, à connotations nettement plus nobles, en revêtant le plus bel habit qui soit en matière de fibre fièrement nationale, à savoir le tissu de mensonges.
Nul besoin pour cela de s'attarder sur les récentes campagnes publicitaires McDonald's diffusées dans l'hexagone afin d'y apprécier pleinement l'étendue et le capital sympathie de ce qui fut jadis proscrit par quelque commandement divin et le marionnettiste Geppetto. En effet, autour de tout produit arborant l'estampille des Golden Arches, on peut dorénavant - et en toute impunité - mentir sur son âge, sa sexualité, son activité professionnelle, sa situation financière... j'en passe et des plus salées, grasses, et sucrées.
Ainsi, nos chères têtes blondes comprendront qu'il est aujourd'hui essentiel pour la santé de servir des salades pour accompagner tout ce qui devient difficile à avaler.

Du moins en France.

mardi 10 mai 2011

Quand la bergère s'entête

Chers amateurs de faits divers à sensation ou d'imagerie pieuse sanguinolente, permettez-moi de vous offrir en ce jour de Sainte Solange quelques lignes de divertissement historique, sous la forme d'une inestimable perle cultuelle issue des trésors du catholicisme français.

Au IX° siècle, bien avant la naissance de la plus célèbre rosière de l'Histoire de France, vivait dans le Berry une jeune et jolie bergère, que seule la grâce avait l'autorisation de toucher pendant ses innocentes gambades à travers les prairies.
Cette chaste bergère répondait au céleste et doux nom de Solange à l'heure de la soupe. Quand elle ne répondait pas, cela signifiait simplement qu'elle était occupée à s'entretenir avec son maître divin, qu'il était évidemment interdit d'interrompre sous peine de châtiment climatique.
Leurs discussions pouvaient d'ailleurs s'éterniser jusqu'à la tombée de la nuit : dans son infinie sagesse, son interlocuteur tout-puissant avait muni la jouvencelle d'un astre lumineux flottant au-dessus de la tête, ce qui n'impressionna finalement jamais son père, davantage préoccupé par la santé de ses moutons que par cette providentielle source d'éclairage.
De plus, dotée de pouvoirs suprêmes et non découragée par les heures supplémentaires, la belle Solange occupait son temps libre à guérir ça et là tout individu souffrant de terribles infirmités, ce qui mit probablement en péril la profession médicale berruyère toute entière. Enfin, avant de rejoindre sa couche, notre intrépide Buffy des pâturages s'octroyait régulièrement quelque chasse aux démons à grand renfort de houlettes sacrées.
Il n'y avait, somme toute, pas de quoi enfoncer un pieux, à l'époque.

Cela étant, c'est au cours d'une agréable journée de mai 878 que Bernard de Gothie, fils du comte de Poitiers, ayant décidé d'agiter son glaive sous la carotide de quelque gibier des terres de Villemont, croisa le chemin de notre majestueuse bergère étoilée. Subjugué par la beauté lumineuse de la jeunette et brusquement incommodé par une irrépressible érection, Bernard s'empressa de demander la divine demoiselle en mariage.
Celle-ci refusa toutefois obstinément ses avances, ayant fait le vœu - fort louable - de n'être exclusivement tripotée que par la main de Dieu. Cette entêtée résistance n'eut d'autre effet que d'attiser le courroux du prompt Bernard, qui se mit en tête de trancher celle de la jeune effrontée sur-le-champ, afin de la punir définitivement de cette offense. Puis il s'en alla noyer cette infinie vexation dans la taverne et le conduit utérin les plus proches.

Si cette cruelle fable nous démontre l'évidente imposture de Jeannette de Domrémy quelques siècles plus tard, elle nous rappelle également la profusion des actes délictueux à l'encontre des femmes du premier millénaire ainsi que l'ordinaire utilisation intempestive des armes blanches en ces temps incertains.
Fort heureusement, dans nos prolifiques contrées verdoyantes, de telles pratiques barbares ont disparu depuis bien longtemps, ce qui nous permet aujourd'hui d'apprécier la maturation de la civilisation à sa juste valeur.

Ou pas.

jeudi 5 mai 2011

Prends-moi pour une Kirsche

Chers collectionneurs de phylactères, sachez qu'à l'époque où ma puberté était encore épargnée par les funestes assauts de bulleuses courtisanes névrosées, je passais de longues heures solitaires innocemment bercé par l'univers de la bande-dessinée wallonne.
Curieusement, au travers de ces excitantes immersions oniriques, je ne percevais que de manière plutôt confuse les affectations professionnelles de la plupart des protagonistes illustrés.
En effet, les métiers de Philip Mortimer ou de Fantasio ne piquaient que rarement ma curiosité, même si je confesse en ce jour que ma carrière a probablement été influencée par quelque réminiscence subconsciente, mêlant de manière improbable les qualifications de Gaston Lagaffe et celles de Joe Dalton.
Malgré tout, quelques décennies plus tard, je me rappelle encore nettement ce curieux et récurrent personnage engendré par Hergé : Séraphin Lampion.
Je dois dire qu'en ces temps reculés, ma virginité administrative ne me permettait pas d'assimiler cette épineuse notion d'assurance, qui semblait aussi dangereusement incontournable que purement commerciale. Pour être honnête, après toutes ces années, je n'ai pas encore complètement intégré ce concept, bien qu'ayant investi une grande partie de mes économies chez les militants picaros de la mutualité niortaise, placements qui ont finalement davantage servi leur révolution publicitaire que mes propres intérêts.
Quoi qu'il en soit, notre ami Séraphin Lampion était certes un agaçant personnage, mais avait au moins la bonhomie d'être constant au fil des ans, tant dans son attitude que dans le port de sa moustache.

Un demi-siècle après sa création, cette pittoresque allégorie du monde de l'assurance a été remplacée par l'inélégante représentation d'une aussi légère que court vêtue Perrette télévisuelle, affublée d'une ridicule robe à pois bon marché, dont l'effet stroboscopique n'a pour autre but que celui de nous faire oublier ses innombrables modifications plastiques, la dernière en date ayant été constatée il y a seulement quelques jours.

Rendons-nous aujourd'hui à l'évidence : toutes ces interventions chirurgicales sont assurément financées par nos propres cotisations.

Et de cerise à crise, il n'y a qu'une queue, après tout.

dimanche 1 mai 2011

Experts de manches

Chers audacieux chercheurs d'emploi et autres aventuriers de tout archétype perdu, je me joins aujourd'hui à votre noble cause afin d'apporter ma propre pierre à l'édifice pyramidal de cette société avide d'enrichissement profitable.
Les apôtres de la parole journalistique s'en accordent : la France s'appauvrit d'année en année ; son économie souffre inexorablement d'une immigration trop faible, et par conséquent de l'étiolement inquiétant d'un apport de spécialistes providentiels.
J'avoue toutefois être quelque peu interloqué par ce dernier point.
En effet, si les bienveillants archéologues de Pôle Emploi prenaient la peine de promener davantage leurs pinceaux encrassés sur les monticules de commentaires parsemant les divers sites web d'information, ils seraient à même de constater que notre pays est un prodigieux vivier d'experts en tout genre.
Pour ce faire, inutile d'agiter le moindre tracto-pelle au-dessus de ce précieux terreau national ; un simple dépoussiérage de surface suffira.

La tragédie du vol Rio-Paris ne nous a-t-elle pas appris que quelques centaines d'internautes français arboraient fièrement une expérience d'ingénieur aéronautique dans leur curriculum vitae, et avaient pour la plupart contribué à la conception de la sonde Pitot ?

Avez-vous déjà oublié que, quelques heures à peine après la catastrophe nucléaire du Japon, didoulol et krakoukass62 (1) avaient précipitamment revêtu leur combinaison d'expert atomique pour bombarder frénétiquement ces indignes scientifiques empreints d'incompétence d'une multitude d'avis éclairés, destinés à l'inéluctable sortie de cette soudaine crise nippone ?

Enfin, depuis la découverte du récent quintuple homicide nantais, n'avez-vous point été époustouflés par le prompt débarquement de cette salutaire légion de profileurs et autres psychologues en criminologie, honteusement affublés pour la plupart de simples diplômes d'équarrisseurs ?

A ce jour, je vous l'avoue : je me sens bien humble face à tant de champs de compétences émanant de mes glorieux compatriotes.
Aussi, mon addiction à la série "La petite maison dans la prairie" ne m'ayant jamais permis de combattre l'utilisation des OGM comme il se doit dans les milieux autorisés, je me promets dorénavant de regarder plus assidûment les épisodes de "Plus belle la vie" afin de permettre à mon gentil pays de sortir plus rapidement de la méchante crise.

(1) pseudos (à peine) modifiés

mercredi 27 avril 2011

Reconversion originale

Chers amis environnementalistes et brillants chercheurs zélés, vous en conviendrez : s'engager dans un ardent combat pour la sauvegarde de la planète et la préservation des tubes néon est dorénavant notre absolue priorité. Aussi, confions le rébarbatif tri des pots de yaourts à la masse populaire hantée par son taux de cholestérol pour nous concentrer activement sur l'invention de nouvelles sources d'énergie.

Il est toutefois inutile de tergiverser ; en France, comme en Europe de manière générale, nous pouvons aujourd'hui aisément effectuer le constat suivant : la disparition des combustibles fossiles est rigoureusement proportionnelle à la réhabilitation des comportements incongrus à tendance moyenâgeuse.
Il nous suffit donc tout simplement de repérer dans notre environnement urbain lesdits comportements envahissant futilement l'espace public pour leur affecter une insoupçonnée praticité écologique.
C'est pourquoi, chers électeurs potentiels, je me permets de vous exposer fièrement ci-après mes propres propositions pour un avenir meilleur et pastoral :

- la prière de rue photovoltaïque ; en appliquant astucieusement un panneau photo-émetteur sur le fessier de tout illuminé religieux extra-muros, nous serons en mesure de récupérer chaque vendredi un précieux kilowatt-heure d'énergie solaire brute au mètre carré.

- le niqab éolien ; judicieusement amarrées à un arbre rotatif fixé au sommet de chaque minaret, les farouches porteuses de voilures épaisses pourront dorénavant s'exposer à leur guise, tout en tournoyant de manière récréative dans le sens du prophète, avec la promesse d'une production de près d'un mégawatt en période d'Aïd-el-Kebir.

Et nous saluerons ainsi comme il se doit cet inespéré retour du Siècle des Lumières.

jeudi 21 avril 2011

Porc de plaisance

Croyez-le ou non, chers amis athéistes ou généreusement polythéistes, il m'arrive fréquemment d'exercer ma curiosité sur ces fondements absurdes du monothéisme qui nous excommunient au plus haut point. Penchons-nous par exemple sur le cas de la religion musulmane - dont nous n'entendons hélas que trop peu parler dans nos journaux télévisés halal - et son aversion légendaire pour la gent porcine.

Selon M. Ahmed Mahfoud, professeur de religion islamique, "la consommation du porc a été écartée pour des raisons scientifiques et d'hygiène".
Quelle mauvaise foi, tout de même.
Toute notion scientifique me semblant rigoureusement inconciliable avec la moindre religion, attardons-nous plutôt sur ces fantaisistes considérations sanitaires.
Prenons donc un mouton quelconque - dont le gosier est religieusement compatible avec la coutellerie Laguiole - et plaçons-le échine à échine avec un aimable cochon.
Visuellement, de prime abord, toute tentative de comparaison reviendrait à rechercher en vain le moindre point commun entre Monsieur Propre et Michel Berger soumis à quelques jours de camping à la Tranche-sur-Mer. En effet, comment - hors contexte lié aux années soixante-dix - peut-on raisonnablement vouer sa confiance et son carnet de santé à cette créature ovine à la tignasse frisée, revêche et bien souvent teigneuse ?
Notre sympathique suidé, de son côté, saura affirmer une indiscutable prestance et arborer fièrement son bel épiderme, dont il prend régulièrement soin au spa de la ferme de Martine, avant de se livrer à de folles glissades, une nuit entière durant, dans les draps satinés de George Clooney.
Cela dénote irrémédiablement raffinement, bonne santé, et propreté, si je ne m'abuse.
Le mouton, quant à lui, n'aura d'autre choix que d'être repeint à la bombe par la famille Benetton, le recours à cet odieux subterfuge représentant l'unique remède pour éveiller la moindre complaisance chez l'être humain frileux.
Souvenez-vous également : bien que feignant un agacement passager, Antoine de Saint-Exupéry lui-même enferma l'infâme ovidé dans une grossière boîte trouée pour des raisons purement hygiéniques, le Petit Prince n'étant pas à jour avec ses vaccins.
D'ailleurs, à ce sujet, le mouton a rarement inspiré la littérature imagée, et je défie quiconque de me dénicher dans la prochaine minute une œuvre incontournable intitulée, au choix, le Vilain Petit Mouton, le Mouton de M. Seguin, ou encore le Mouton Botté.
A contrario, si l'on s'attarde un tant soit peu sur la formidable épopée des 3 Petits Cochons, on décèle rapidement cette représentation succincte mais ô combien métaphorique de la diversité française : le flemmard assisté, le néo-bobo, et l'actionnaire du groupe Bouygues.
Aussi, la horde des détracteurs de notre précieux verrat rosé ne peut être vulgairement constituée que de moutons de Panurge.
Cochon qui s'en dédit.

mercredi 20 avril 2011

Etat de choc

Chers consommateurs éclairés voire actuellement radioactifs, vous me voyez ravi d'effectuer un retour en ces lieux accompagné de magnifiques rayonnements solaires et d'une information tout aussi ultraviolette.
En effet, depuis l'aube, chaque paquet de cigarettes vendu devant obligatoirement être orné de quelque image à vocation plus traumatisante que pédagogique, il me fallait saluer comme il se doit cette prodigieuse nouvelle fumisterie liée à cet éternel, obsessionnel, et dorénavant semestriel mémorial tabagique.

Bien qu'ayant délicieusement frémi dans un premier temps, comme tout quadragénaire nostalgique de cette douce époque où l'on s'échangeait frénétiquement de précieuses images Panini (avant d'acquérir quelques années plus tard chez le même revendeur de non moins précieux paquets de Camel à moins de 7 francs nouveaux), l'une des illustrations en question m'a littéralement glacé d'effroi.
Je parle bien sûr de cette étrange représentation du cancer du larynx.
Si, au premier regard, on est littéralement captivé par ce chatoyant œdème aux formes malicieuses, évoquant ça et là un genre d'agglomérat érotique de personnages de la série animée Barbapapa, on s'aperçoit subitement qu'au-dessus de celui-ci trône... une ignoble moustache.
Personnellement, je n'avais à ce jour éprouvé une telle aversion que face à l'excellente série américaine Breaking Bad, dont le principal protagoniste - un non-fumeur ayant eu l'outrecuidance d'être atteint d'un cancer du poumon - exhibe allégrement une lèvre supérieure empanachée d'une rangée de poils à la rousseur obsédante et belliqueuse.
Celle dont je vous parle aujourd'hui est toutefois bien pire, allant même jusqu'à évoquer les réveils douloureux d'Emiliano Zapata après quelque soirée exagérément arrosée au Mezcal.
Force est de constater que, probablement suite aux imbroglios judiciaires dont est victime notre compatriote Florence Cassez, une toute nouvelle stigmatisation vient de voir le jour en France : celle des Mexicains.
Olé.

dimanche 20 décembre 2009

Tombe la grève

Chers râleurs de tout poil et autres revendicateurs rasants, vous en êtes assurément avertis : notre glorieuse patrie collectionneuse de médailles en tout genre brille principalement par son indétrônable première place mondiale sur le podium de la grève, timide droit social devenu effronté sport national, perçu aujourd'hui comme quelque sournoise intempérie par tout citoyen régulièrement pris en otage au cours de son existence déjà bien nuageuse.
Cependant, si la grève est actuellement définie comme une banale précipitation due à quelque perturbation du climat social, on en dénombre déjà plus d'une vingtaine au cours de ce mois de décembre, et ce, au sein de tels disparates champs d'activité qu'on y déniche même ces derniers jours les revendications des dignes - bien qu'impudiques - représentants des modèles des Beaux-Arts.
Cela étant, si les syndicalistes traditionnellement vindicatifs ont progressivement tendance à négliger le vieil adage "trop de grève tue la grève", ces imaginatifs trublions ont malencontreusement cette fois-ci fait la dangereuse impasse sur une incontournable réalité hivernale bien plus cruelle : "trop de neige tue la grève".
A ce jour, il est en effet impraticable pour tout citoyen normalement informé par l'AFP de définir clairement les véritables causes du blocage des transports en commun, des aéroports, du ravitaillement des DAB ou des grandes surfaces, voire de la pénurie de personnel dans certaines entreprises ou lieux culturels.
Quant aux déboires vécus par lesdits modèles des Beaux-Arts, on ne retiendra probablement que la brutale chute des températures ayant mis à mal leurs attributs plastiques.

Un tel brouillard alimentant les incertitudes du peuple français me rappelle vivement cette fabuleuse citation de François Cavanna : "Si, à la seconde exacte où vous annoncez à un ami que sa femme et ses enfants ont péri dans un accident de chemin de fer, vous lui laissez tomber en même temps un poids de vingt kilogrammes sur le pied, il est incapable de dire où il a le plus mal."

Sachez-le : malgré mon aversion pour tout brin d'herbe (même labellisé BIO), j'apprécie véritablement ces moments précieux où la Nature reprend ses droits syndicaux.

samedi 28 novembre 2009

De l'œuf ou de la poule

Chers consommateurs aguerris ou regrettées victimes d'impitoyables guerres des prix, vous n'êtes pas sans savoir que l'Union Européenne veille religieusement sur vous afin de vous éviter toute pensée saugrenue ou tout faux pas lors de vos incursions consommatoires.

Il n'est pas utile de vous rappeler que, grâce à d'ingénieuses propagandes publicitaires et annotations discrètes, vous avez dorénavant conscience qu'il est dangereux - voire mortel - de consommer certaines substances à la louche, telles que : huile, sucre, sel, alcool, et viande non halal.

Cela étant, vous étiez déjà coutumiers de la récurrente mention "suggestion de présentation" appliquée sur tout aliment conditionné, visant à culpabiliser quelque famille Thénardier vouée à servir un cassoulet à mains nues et crasses à même le sol à sa misérable progéniture, ou à interpeller quelque gourde poitevine radicalement persuadée que l'assiette en porcelaine de Limoges figurant sur l'étiquette était incluse dans l'emballage en fer-blanc.

Etant moi-même de temps à autre sensible à certaines campagnes d'information rébarbatives, il m'est arrivé récemment d'acheter des œufs fièrement pondus dans un proche périmètre, persuadé à force d'intoxication médiatique que de viles exotiques gallinacées sans le moindre scrupule abusaient de moyens excessivement pollueurs afin d'envahir notre saine patrie pour nous infliger le spectacle de leur postérieur et nous en solder le contenu avarié ou radioactif.

Je ne fus donc globalement pas surpris à la vue de cette première étiquette :













Hormis le singulier slogan "l'œuf de tous les plaisirs" (qui me rappelait indéniablement une scène torride du film "L'Empire des Sens"), j'y retrouvai tous les éléments justifiant la sacro-sainte mention "suggestion de présentation" : la ciselure quasi-parfaite du sommet de l'œuf, ainsi que le joli coquetier non fourni, de facture bretonne traditionnelle et non datée, contrairement à son contenu.

L'étiquette apposée sur un achat similaire effectué la semaine suivante se révéla toutefois nettement plus ambiguë :













J'avais bien conscience que l'emballage ne contenait pas de coquet poulailler en kit, mais ce nouveau titre conjugué à la présence de cette volaille me laissaient fort perplexe.
La mention légale sous-entendait néanmoins que le produit figurait bien sur l'étiquette.

Je décidai alors de couver consciencieusement cette insolite boîte à œufs.

Hélas, à ce jour, je ne revendique toujours pas la moindre paternité, mais je vous prie de croire que les senteurs qui émanent de ma cuisine sont dorénavant bien celles d'une basse-cour.

dimanche 15 novembre 2009

Extraction identitaire

Chers voyageurs expatriés, rapatriés ou simplement mal triés, à l'heure où la notion d'identité nationale délie les langues sans pour autant en améliorer la qualité orthographique ou grammaticale, il me semble opportun d'évoquer ici certaines motivations qui ont guidé mes choix géographiques lors de cette dernière décennie.

Oui, Mesdames et Messieurs les Jurés, je l'avoue : j'ai choisi, il y a quelques années, de vivre en ces lieux, captivé par les charmes légendaires de la Bretagne, de même que par ceux - non moins discrets - d'une Alsacienne exilée.
Oui, je me souviens avoir bravé avec un sourire non feint les effluves écœurants des galettes-saucisses lors des trop nombreuses soirées de rencontres footballistiques.
Oui, je reconnais avoir affiché ce même sourire à la lecture des réguliers faits divers mentionnant les promenades automobiles de personnes âgées à contre-sens sur les autoroutes bretonnes.
Oui, j'admets m'être aussi délecté d'espèces piscicoles en voie d'extinction.
Mais sachez, Mesdames et Messieurs les Jurés, que je conserverai définitivement en mémoire cette délicieuse excitation liée aux ambiances festives des petits bars rennais du centre-ville, ceux-là même qui parsemaient ou jouxtaient la rue de la Soif que l'on croyait aussi immortelle que pittoresque, lors de cette belle époque où les fumeurs - constituant alors l'écrasante néanmoins cohérente majorité de leur clientèle - étaient les bienvenus.

Oui, j'ai adoré fusionner avec cette culture identitaire.

Aujourd'hui, la chaîne télévisuelle anémique française numérotée 6 a diffusé son émission phare "Un dîner presque parfait" récemment tournée en environnement rennais, présentant judicieusement des spécialités culinaires polonaises, allemandes, et sénégalaises.

Aujourd'hui, la ville de Rennes rachète les bars de cette fameuse rue de la Soif pour en limiter les opportunités de festivité nocturne.
Ouest-France

Aujourd'hui, à l'heure où l'on envisage de jouer du biniou au sommet des minarets jaillissants et boire aimablement du thé aux heures convenables dans les ruelles autrefois folkloriques, je fais appel aux Déménageurs bretons... avant qu'ils ne changent de couvre-chef, eux aussi.

mercredi 4 novembre 2009

Le corbeau et le renard

Chers demandeurs d'emploi et autres fanatiques d'idées saugrenues, je vous suggère aujourd'hui de saluer le dernier grand vainqueur du Palmarès des Lois Imbéciles nées du désormais célèbre besoin français de victimisation, avidement entretenu par les glorieuses associations de défense de la non-socialisation.

J'ai nommé : le CV anonyme.

Remémorons-nous les faits : depuis 25 ans, en France, grâce à une exclusive et virulente milice associative, il nous est possible d'associer échec et discrimination.
A ce jour, les champs de ladite discrimination sont solidement ancrés, et regroupent principalement : origine ethnique, patronyme, handicap, poids, âge, orientation sexuelle, et religion. Malgré tout, grâce à certains élans de générosité visant de temps à autre à rendre la discrimination accessible à tous, il a été récemment permis aux personnes ne souffrant pas de pathologies liées à ces champs précités d'invoquer la notion de crise pour pardonner légitimement leurs divers insuccès sociaux-professionnels.
Rappelons d'ailleurs que la crise représente encore à ce jour le joker par excellence, applicable à toutes les tranches de la société, et pouvant même parfois disculper l'auteur de tout acte de malveillance, voire de toute agression physique ou atteinte à la personne. Dans ces derniers cas, nous invoquerons lors d'un éventuel jugement l'ultime terme à la mode : l'acte désespéré.
Exemple : "Après l'annonce de la liquidation judiciaire de l'usine dans laquelle il travaillait depuis 5 ans (et demi), André a commis l'acte désespéré de violer la fille de 12 ans (et demi) de son patron."

Soulignons le fait que ces applications ne représentent heureusement qu'une exception française.

Pour en revenir à nos moutons tricolores, le CV anonyme, malgré son inquiétante appellation, n'a strictement rien à voir avec la lettre anonyme, récemment remise au goût du jour depuis le dernier anniversaire de l'éternellement ressuscité petit Grégory.
D'une part, le CV anonyme est rarement accompagné d'une balle de 9 mm, et ne nécessite d'autre part aucune manipulation scientifique pour y effectuer quelque prélèvement d'ADN. En règle générale, son intention ne vise principalement qu'à culpabiliser aimablement toute entreprise n'ayant pas encore dissimulé son chiffre d'affaires, toute crapuleuse exploitation humaine, donc, dont le responsable, communément appelé patron voyou, sera par la suite kidnappé puis lynché en place publique comme il se doit.
Cela étant, le problème s'avère bien plus complexe.
Si l'on en croit les précieuses recommandations de ces défenseurs de l'intégration par le chantage, le CV anonyme ne doit faire apparaître ni la représentation photographique du demandeur, ni son réel patronyme, ni son âge, ni par conséquent les dates de présence dans les entreprises précédemment fréquentées.
Il en découle que le fait de mentionner lesdites entreprises devient également problématique, celles-ci étant en mesure d'effectuer toute odieuse délation quant au comportement et l'identité du demandeur. Enfin, si l'on poursuit cette prodigieuse logique, le simple fait pour le postulant d'appeler l'employeur potentiel en vue d'un entretien est également à proscrire, et, dans ces conditions, se rendre au travail aussi, finalement.

Cependant, fort heureusement pour les farouches cerbères de cette fumisterie nationale, il existe dans ce pays le fabuleux principe du quota, qui a pu supplanter radicalement celui de la compétence.

A ce jour, étant moi-même entrepreneur, j'avoue honteusement ne pas avoir recruté la moindre femme musulmane obèse de plus de 50 ans, susceptible de manier une tablette graphique avec la bouche, et qui me promettra surtout de ne pas porter plainte contre cette dernière pour harcèlement sexuel.

Eh bien soit, mon activité sera donc surtaxée une fois encore, cette année.

dimanche 1 novembre 2009

Rot movie

Chers visiteurs ectoplasmiques, je vous le demande : quelle meilleure période que celle de la fête des morts aurais-je pu choisir pour effectuer une si soudaine résurrection en ces lieux ?
J'entends déjà quelques râles lointains me reprochant d'une part d'entretenir ce blog comme une vulgaire sépulture en fin de concession, et d'autre part de n'effectuer un vif retour virtuel qu'en cas d'augmentation du prix des cigarettes en France.
Eh bien détrompez-vous, médisantes créatures d'outre-tombe : j'ai l'immense joie de vous notifier ma totale guérison quant à ces symptômes d'énervement récurrent, et j'en profite pour remercier vivement les infinis efforts émétiques des scooby-gangs anti-tabac qui m'ont progressivement amené à voyager davantage et appris à parfaire mon organisation afin de dorénavant me ravitailler chez nos sympathiques - puisqu'encore humains - voisins européens.

Cela dit, un problème masqué en dévoilant irrémédiablement un nouveau quand on évolue dans cette sombre vallée des Maures, le salutaire chemin vers les saintes terres s'avère encore tortueux, et la bienfaisante possession du GPS sacré ne suffit pas toujours à contourner les nombreuses embûches qui nous séparent de leurs frontières.
Bref, j'ai promptement dû reporter mes derniers projets d'évasion, étant aussi avisé des dates de surveillance accrue des flux routiers que de celles d'échéance de paiement des impôts.
Ce week-end était donc diaboliquement déclaré zone rouge par le vil Bison plus cornu que fûté.
Fort heureusement pour les courageux voyageurs infidèles et récalcitrants, les fervents représentants de la Sécurité Routière sont beaux joueurs, et leur ont aimablement dévoilé dans la journée d'hier leurs plans bénéfiques visant à épargner leurs vies pendant ce difficile exode routier de fin de semaine.
En effet, les observateurs du comportement sur asphalte ayant effectué le douloureux constat qu'un automobiliste lambda redoublait de prudence à la vue d'un policier en uniforme et par conséquent encourait le risque de conserver les points de son permis de conduire ainsi qu'une somme raisonnable sur son compte bancaire, il fut donc décidé d'affubler les valeureux néo-collecteurs de gabelle en simple quidams afin de - je cite - "mieux faire preuve de pédagogie et de prévention".

Je me demande si la Corée du Nord ne va pas devenir une destination prisée pour les vacances, à force.

mardi 14 avril 2009

Imprimatur

Chères brebis fidèles néanmoins égarées, il me faut vous prêcher qu'il existe à ce jour trois appellations patronymiques qui m'écorchent vivement les tympans et dont l'évocation épidémique met ma patience à rude épreuve lors de mes vaines tentatives de compréhension de l'évolution du Monde.
Les nominés sont : Allah, Dieu, et Audureau.

Il s'avère que, au grand dam de l'espèce humaine réfugiée dans cette extrémité hexagonale de notre chère Europe avantageusement disloquée, non seulement ce dernier existe réellement, mais aussi que, contrairement à ses challengers sus-nommés, il n'est nul besoin de le rencontrer pour être confronté à la preuve de sa perfide existence.

En effet, Monsieur Audureau - que seule une bonne éducation me contraint de nommer à ce niveau de civilité - anime gaillardement depuis quelques années une parodie de chasse aux sorcières à l'encontre des nouveaux méchants qui ne faisaient pas encore partie de la nomenclature chantée par Michel Fugain et son Big Bazar en 1975.
Je fais évidemment ici allusion à ces éternels fumeurs sataniques et leur odieuse existence luxurieuse.
Fièrement dissimulé derrière sa glauque bannière du DNF, agrippant le fauchard émoussé de la loi Evin d'une main, et agitant frénétiquement de l'autre une crécelle ridiculement estampillée du Ministère de la Santé, ce sinistre individu auto-proclamé héros de la dernière croisade javellise convulsivement les rares plaines du libre arbitre encore percevables sur ce territoire.
Force est de constater amèrement que cette pâle copie d'Attila ne pourra quitter ce monde en paix qu'après avoir entièrement stérilisé de ses sécrétions vomitives ces libertés individuelles qu'il exècre tant, depuis quelque traumatisme adolescent, sans doute, qui aurait vraisemblablement laissé coi Bettelheim lui-même.

Aussi, au sein d'un tel climat d'infantilisme procédurier, de délation fielleuse et de dictature embryonnaire, méticuleusement entretenu par une horde de zouaves à l'intelligence médiévale, nombreuses sont les dérives qui hélas en découlent insidieusement.

Celle qui suit est particulièrement alarmante : Exposition Jacques Tati.

jeudi 29 janvier 2009

Lucky Strike

Chers camarades de luttes répressibles et compagnons de jeux répréhensibles, vous n'êtes pas sans constater que ce jeudi est indiscutablement un grand jour.

Alors qu'à l'accoutumée nous nous devons de subir les pires outrages existentiels et sombrons inexorablement dans l'engluement et l'immuabilité face à l'Injustice, une incontestable lueur d'espoir vient de splendidement éblouir nos rétines trop habituées à une persistance physiologiquement néfaste.
En parfaite alliance avec cette vision bénéfique, une voix providentielle a réussi à délicieusement chatouiller notre ouïe devenue trop fragile, et ainsi réveiller nos consciences honteusement assoupies.

Aujourd'hui, en effet, au sein du journal télévisé de France 2, Elise Lucet - dont les modulations vocales engendrent une géhenne auditive sans égal - a cédé sa place à la charmante journaliste joker de la chaîne, Sophie Le Saint, qui a su prouver à nos tympans meurtris qu'il était possible de dissocier informations assourdissantes et insupportables performances acoustiques.

Et, tout à coup, le monde est plus beau.

jeudi 15 janvier 2009

Equations du premier degré

Mon enfant, ma sœur, chers rescapés du grand froid, c'est en compagnie de cette soudaine douceur hivernale que j'ai décidé de briser la glace pour une nouvelle invitation au voyage et de revenir avec ce piètre jeu de mots, probablement dû à 80 jours d'hibernation intellectuelle.
Vous conviendrez cependant que 80 jours ne représentent guère une si longue période à l'heure actuelle : ne s'agit-il pas après tout de la durée nécessaire pour effectuer un aller-retour Paris-Marseille en TGV, voire du temps indispensable à la compréhension du texte de la réforme de l'audiovisuel français ?
Cela dit, à l'instar de mes congénères de type Hibernatus dorénavant recensés afin que l'on soit enfin en mesure de définir leurs réels besoins (généralement proches des miens en matière de psychotropes), j'avais tout simplement les doigts gourds.
Il est aujourd'hui indéniablement démontré que les vagues de froid françaises annihilent toute activité, toute inspiration, ainsi que tout arôme des bières belges qui se dégustent normalement à 10 degrés Celsius, comme chacun le sait.
Toutefois, de longues années d'étude approfondie de la saga "Little house on the prairie" m'ayant appris au fil du temps à développer un semblant d'intérêt pour mon prochain, je me suis finalement décidé à braver la cacophonie des journaux télévisés afin d'entrevoir les incontournables souffrances également infligées à mes semblables lors de ce terrible acharnement climatique, vraisemblablement dû à un tri négligé de nos déchets au cours de l'année précédente.
J'ai alors été littéralement abasourdi par l'étendue de l'horreur de certaines informations divulguées d'une voix de fausset teintée de honte et de douleur par l'un de nos ubuesques camelots journalistiques :
En effet, contrairement à certains pays européens civilisés ayant adopté de judicieuses dispositions en cas de chute brutale des températures, la France ne dispose toujours pas de pelouses de stades chauffées, et de nombreuses rencontres sportives ont dû ainsi être reportées.

Je me demande s'il est finalement possible dans ce pays, et ce, quoi qu'il advienne, de ne plus entendre parler de ballon pendant 80 jours.

mercredi 22 octobre 2008

Pays de condescendance

Amis européens, vous l'aurez compris : par l'intermédiaire de ce titre mélodieux, je tire ma révérence à monsieur Juncker - premier ministre luxembourgeois - dont j'admire définitivement le franc-parler et l'objectivité du regard porté sur le territoire français, souffrant sans nul doute d'arrogance exacerbée, de fierté souvent déplacée, et d'illusionnisme infantile. (JT France 2 - 21/10/08)

N'imaginez pas toutefois que je suis implacablement en farouche opposition avec tout ce qui émane de notre glorieuse patrie, dans la mesure où il m'arrive de temps à autre de me plier à certaines règles du jeu novatrices émanant de politiciens à l'imagination tout aussi débordante que leurs comptes bancaires offshore.
En effet, possédant un sens aigu de la curiosité - celui-là même qui m'avait un jour amené à faire avaler subrepticement du pâté de porc breton à un Musulman séquanodionysien afin de vérifier l'hypothèse d'une soudaine désintégration mystico-moléculaire ou a contrario d'une transformation en quelque chose d'utile pour l'évolution de l'espèce humaine - je me suis ardemment mis en quête des bienfaits vantés par le fameux adage gouvernemental "Travailler plus pour gagner plus".

D'où mon absence prolongée en ces lieux ; vous l'aurez également compris.

De cette infinie et hasardeuse dévotion, je ne dresserai toutefois que l'affligeant constat suivant : quand on travaille plus, on dépense incontestablement plus, finances et santé confondues.
En ce qui me concerne, œuvrant actuellement à mon compte - en ayant pour premier objectif imposé la survie des employés miséreux de l'URSSAF à qui je dois léguer quasiment tous mes biens sauf mes organes - j'ai constaté une nette augmentation de mes dépenses d'électricité, de café, de cigarettes et d'alcool, le tout en parfait désaccord avec les préconisations du Programme National Nutrition Santé.
Ajoutez à cela l'appartenance à un quartier pilote testant la tolérance humaine à la surabondance de décibels, et vous comprendrez aisément pourquoi il m'arrive aujourd'hui de voir régulièrement traverser des zèbres au galop dans mon salon et "des gens qui sont morts" dans le reflet du miroir de la salle de bains.

En résumé, il est grand temps de prendre le large, n'est-ce pas.

D'ailleurs, en guise d'hommage, je me permets de retranscrire ici les souhaits d'Emmanuelle dans le quatrième opus de sa série rose :
Aimons-nous les uns les autres, mais de préférence de l'autre côté.
Amen.

lundi 1 septembre 2008

Toxygénation

L'été s'achève, et vous regrettez déjà vos précieuses activités cérébrales et ludiques de bord de mer polluée ? Qu'à cela ne tienne, les animateurs de journaux télévisés français ont fidèlement guetté votre retour afin de vous faire oublier vos grilles de sudoku mazoutées et vous faciliter la transition vers une rentrée toujours plus propre et génétiquement correcte, pour le bien-mourir de chacun.
Amis fumeurs, si vous n'avez pas déjà succombé aux 11 000 souffrances que vous méritez sans détour selon la Bible de la Pensée Unique, vous n'êtes pas sans savoir que vous êtes dorénavant radioactifs grâce au polonium 210 décelé dans le tabac, et probablement phosphorescents en boîte de nuit, ce qui rendra profondément jaloux vos amis persuadés d'être les rois du dance floor depuis qu'ils ont appris les trois figures de gesticulation hystérique de la tecktonik, judicieusement agréée, elle, par le Ministère de la Santé.

Aussi, le Bistrot des Epinards vous propose aujourd'hui un petit atelier créatif destiné à vous préparer mentalement pour vos prochaines rencontres informatives du troisième type :
Imaginez le nouveau composant néfaste de la cigarette, puis inventez un slogan approprié.

Les meilleures propositions seront déclinées sous forme de maquettes de packaging et gracieusement envoyées aux associations anti-fumeurs, qui commencent dangereusement, elles aussi, à suffoquer par manque d'inspiration.

lundi 25 août 2008

GI vs JO

Pour honorer sans doute quelque nouveau phénomène de mode destiné à séduire les masses analphabètes briseuses d'héritages orthographiques, la chaîne télévisuelle France 2 revisite dorénavant quasi-quotidiennement les règles linguistiques et phonétiques francophones.
En guise de procureur adjoint protégeant vainement les chimères du bon sens, je plaiderai dans un premier temps la préméditation de vengeance justifiée, dans la mesure où - tout particulièrement pendant ces dernières semaines - la majeure partie des poupées Barbie du PAF déguisées en journalistes n'avaient absolument pas prévu de faire passer les GI avant les JO au cours de leur karaoké quotidien.
Il s'avérait donc bien normal de fustiger entre autres cette Géorgie qui avait l'indécence de montrer le bout de son orthodoxie quelques minutes avant l'étalage fureteur de balbutiements, pleurs et autres émois sexuels de nos glorieux mannequins en survêtement, et de la rebaptiser crûment "Jorgie", afin d'économiser judicieusement quelques syllabes et rendre ainsi à temps l'antenne aux tout aussi brillants commentateurs sportifs monosyllabiques. Au moins, grâce à cette nouvelle appellation, le spectateur avide de démonstrations musculaires stériles ne retenait que le phonème "jo" et pouvait bien encore patienter cinq minutes, bercé par ce doux subterfuge préliminaire, sans pour autant développer un éventuel embryon de réflexion sur quelque impromptu problème "jo-politique".
Comble de malchance pour les dégoulinantes plages horaires dédiées aux méticuleux observateurs de T-shirts mouillés olympiques, il a également fallu relater d'inopinées pertes humaines militaires françaises, alors qu'il est pourtant bien connu de tous que le risque de mortalité chez les soldats basés sur des terrains de camping terroristes est tout aussi improbable que l'éventualité d'une chirurgie mammaire ratée au sein de la salle de torture de l'avenant boucher marseillais Michel Maure.
A ce sujet, France 2 n'a d'ailleurs point épargné le domaine médical, puisque la chaîne se complaît encore aujourd'hui à présenter les épisodes de la série Urgences en postillonnant doucereusement la baseline suivante : "Urgences, une certaine philosophie de la vie".
Et pourquoi pas une "certaine poissonnerie du poisson", tant que nous y sommes ?

L'athlétique coup de grâce a été asséné au cours du dernier journal de 13 heures, durant lequel on a pu entendre cette traduction à l'infinie étendue sémantique apposée sur un reportage anglo-saxon :
"[...] pour ceux qui aiment porter une tenue de sport dans la vie de tous les jours, ou au quotidien."
France 2 a donc aujourd'hui fièrement déployé sa bannière rougeoyante pour nous rappeler à juste titre que ses journaux télévisés et sa grille de programmation sont dorénavant réservés aux imbéciles heureux... ou aux crétins béats.

mercredi 13 août 2008

Réouverture estivale

Comme aurait pu si brillamment l'exprimer Laure Manaudou, éminent porte-parole des associations respectives des adorateurs d'Oum le dauphin et des collectionneurs de bombes lacrymogènes : il faut savoir sortir la tête de l'eau quand il en est encore temps.

Aussi, bien que n'étant pas coutumier du fait de suivre aveuglément les poisseux conseils d'un insipide batracien ou du moindre parent vosgien d'une progéniture noyée intentionnellement, j'ai brusquement décidé de mettre un terme à cette sempiternelle période punitive aoûtienne, fatigué de fuir désespérément - à force de pulsions frénétiques sur la télécommande de mon téléviseur - ces jeux imbéciles inspirés d'une Grèce antique qui a dû se retourner d'effroi des milliers de fois dans sa majestueuse nécropole de marbre blanc ou dans son adorable berceau de philosophie mort-née, depuis l'apparition sur Terre de l'Homo Abrutus et sa horde de sportifs décérébrés, de stupides animateurs du petit écran, et de tous les crétins demeurés en général qui peuplent la une des journaux et les files d'attente aux caisses de mon supermarché favori.
De toute façon, je dois vous confier que j'ai déjà habilement paufiné au cours de ces dernières années mon propre assortiment de jeux estivaux tout aussi exaltants, dont je peux dès à présent vous dresser fièrement et généreusement une liste non exhaustive :
  • dénicher avant le coucher du soleil le buraliste de la ville qui n'a pas eu la brillante idée de prendre ses vacances au même moment que la majorité de ses collègues concurrents,
  • écouter pendant des heures au téléphone les déchirantes litanies d'amis dépressifs tout en décapsulant des bouteilles de bière d'une seule main,
  • réconforter ces mêmes amis jusqu'au petit matin tout en épongeant des flaques de bière sur la moquette, également d'une seule main,
  • se souvenir en moins de 45 minutes à quel endroit saugrenu on a pu garer son véhicule après s'être réveillé sur un canapé inconnu avec pour unique compagnie une magistrale gueule de bois et un paquet de cigarettes vide,
  • donner des prénoms romains à ses plants de tomates pour mieux leur trancher les fruits à coups de locutions latines au cours d'un cérémonial païen,
  • démontrer par A+B que l'association de chromosomes X+X engendre bel et bien le gène de la névrose récurrente, et qu'à ce rythme-là l'homosexualité vous pend au nez. Ou ailleurs.
Je tiens toutefois à préciser que ce dernier point ne s'applique aucunement à mes adorables amies qui se sont déjà prêtées de leur côté à l'épreuve précitée du décapsuleur lors de mes propres confessions lancinantes.

Cela étant, il arrive que la Providence place sur votre estival chemin non sablonneux - à défaut des faveurs de la craquante hôtesse de la caisse n°4 du supermarché susnommé - une intense et salvatrice bouffée d'oxygène anti-anxiogène, dont l'apport si bénéfique vous ferait aisément oublier vos habituelles addictions, majoritairement surtaxées par le gouvernement.
En effet, chaque jour en fin de matinée, la chaîne Paris Première a le bon goût de diffuser quatre épisodes de l'excellente série américaine Scrubs, réalisée par Bill Lawrence. Je suis donc ravi de partager avec vous, en cette veille du week-end le plus mortellement ennuyeux de l'année avant la période de Noël, l'un de ses truculents échantillons, diffusé ce matin-même.

Scrubs - Saison 3, épisode 19 - "Mon choix cornélien"

Croyez-moi, quand on absorbe quotidiennement de telles doses d'humour décalé, on en arriverait presque à tout pardonner à l'espèce humaine.

Scrubs theme song : Lazlo Bane - Superman
Musical guest : The Polyphonics Spree - Light and Day

vendredi 25 juillet 2008

Fermeture estivale


Scopitone du bar de la plage

Constance Verluca : Les Trois Copains